Monday, 18/11/2019 - 21:43

Hector Malot

Chapitre I. Au village

Je suis un enfant trouvé. Mais jusqu’à huit ans j’ai cru que, comme tous les autres enfants, j’avais une mère, car lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses bras, en me ber – çant, que mes larmes s’arrêtaient de couler. Jamais je ne me...

Chapitre II. Un père nourricier

Je m’étais approché pour l’embrasser à mon tour, mais du bout de son bâton il m’arrêta : – Qu’est – ce que c’est que celui – là ? – C’est Rémi. – Tu m’avais dit… – Eh bien oui, mais… ce n’était pas vrai, parce que… – Ah ! pas vrai, pas vrai. Il...

Chapitre III. La troupe du signor Vitalis

Sans doute je dormis toute la nuit sous l’impression du chagrin et de la crainte, car le lendemain matin en m’éveillant, mon premier mouvement fut de tâter mon lit et de regarder au – tour de moi, pour être certain qu’on ne m’avait pas emporté. Pendant toute la matinée, Barberin...

Chapitre IV. La maison maternelle

– Eh bien ! demanda mère Barberin quand nous rentrâ – mes, qu’a dit le maire ? – Nous ne l’avons pas vu. – Comment, vous ne l’avez pas vu ? – Non, j’ai rencontré des amis au café Notre – Dame, et quand nous sommes sortis, il était trop tard ; nous y retourne...

Chapitre V. En route

Pour acheter les enfants quarante francs, il n’en résulte pas nécessairement qu’on est un ogre et qu’on fait provision de chair fraîche afin de la manger. Vitalis ne voulait pas me manger, et, par une exception rare chez les acheteurs d’enfants, ce n’était pas un méchant homme....

Chapitre VI. Mes débuts

Le lendemain nous nous mîmes en route de bonne heure. Plus de pluie ; un ciel bleu, et, grâce au vent sec qui avait soufflé pendant la nuit, peu de boue. Les oiseaux chantaient joyeusement dans les buissons du chemin et les chiens gamba – daient autour de nous. De temps en temps, Capi se...

Chapitre VII. J’apprends à lire

C’étaient assurément des comédiens du plus grand talent, que ceux qui composaient la troupe du signor Vitalis, – je parle des chiens et du singe, – mais ce talent n’était pas très – varié. Lorsqu’ils avaient donné trois ou quatre représentations, on connaissait tout leur...

Chapitre VIII. Par monts et par vaux

  Nous avions parcouru une partie du midi de la France : l’Auvergne, le Velay, le Vivarais, le Quercy, le Rouergue, les Cé – vennes, le Languedoc. Notre façon de voyager était des plus simples ; nous allions droit devant nous, au hasard, et quand nous trouvions un vil – lage qui...

Chapitre IX. Je rencontre un géant chaussé de bottes de sept lieues

En quittant le sol desséché des causses et des garrigues, je me trouve, par le souvenir, dans une vallée toujours fraîche et verte, celle de la Dordogne, que nous descendons à petites jour – nées, car la richesse du pays fait celle des habitants, et nos re – présentations sont...

Chapitre X. Devant la justice

De Pau il m’est resté un souvenir agréable : dans cette ville le vent ne souffle presque jamais. Et, comme nous y restâmes pendant l’hiver, passant nos journées dans les rues, sur les places publiques et sur les pro – menades, on comprend que je dus être sensible à un avantage de ce...